Homélie d’envoi en mission

"Des disciples qui osent s’engager à la suite du Christ et qui acceptent d’y jouer leur existence !"

lundi 17 novembre 2008

Le 28 septembre 2008 l’équipe Saint Maurice est envoyée en mission par Jean-François Bordarier (vicaire épiscopal de la zone de Lille). Voici l’homélie prononcée pour cette occasion :

"Voilà un Evangile qu’on serait tenté de lire comme une fable de la fontaine. Une petite histoire gentille qui pourrait se terminer par quelques lignes de morale du genre : Malheur à ceux qui disent et ne font pas ! Malheur au fils qui dit oui et qui n’agit pas !

Le problème...c’est que l’ évangile n’est pas une fable de la Fontaine et que pour ce qui est de défendre la morale, dire aux juifs pieux, aux prêtres de l’époque que les prostituées et les escrocs les précéderont dans le Royaume des cieux...c’est pas tout à fait ça quand même ! D’ailleurs pour savoir qu’il vaut mieux dire non et exécuter ensuite, que de dire oui et de ne pas bouger...avouez qu’on n’avait pas besoin de Jésus pour ça. On le savait déjà avant qu’il vienne !

Alors. Quelle est la signification de cette parabole ? Il me semble qu’une des clés pour entrer dans cette page d’Evangile se trouve dans le verbe croire qui est employé trois fois dans la parabole.

...vous n’avez pas CRU à la parole de Jean-Baptiste
...les publicains et les prostitués y ont CRU
...vous ne vous êtes pas repentis pour CROIRE

Le centre de cette page d’Evangile, il me semble qu’il est là : une invitation que Jésus adresse aux juifs pour les inviter à sortir de leurs habitudes et de leurs certitudes pour s’ouvrir au Royaume qu’il est en train d’annoncer. Et alors, vous comprenez qu’on est loin de la petite leçon de morale : ce que Jésus veut nous faire comprendre, c’est que la foi à laquelle il nous convie, c’est un engagement de tout notre être, de toute notre personnalité. La foi à laquelle il nous invite, ce n’est pas seulement un mot : dire oui ou dire non.... Mais c’est une réponse qui engage. Le premier fils il a répondu non au Père qui invitait : peu importe !
Ce qui est important, c’est qu’il soit allé au travail...ce qui est important, c’est qu’il se soit engagé... Le second, il a répondu oui, peu importe également...Mais ensuite, l’engagement, c’était pas son affaire ! Alors, nous dit Jésus, celui qui fait la volonté de son père, c’est celui qui ne se contente pas de mots...mais qui pose les gestes qui engagent ! La foi, c’est ça : une réponse qui engage ce que l’on est, qui engage son temps, son intelligence, son image de marque quelquefois. Il ne suffit pas de dire oui, il ne suffit pas de dire « je suis chrétien »

Et alors, dit Jésus, pour s’engager, pour miser sur la confiance, pour être disponible à l’imprévu de la foi, vous êtes mal placés, vous les prêtres et les anciens...vous qui êtes toujours sûrs de tout...vous qui êtes des gens de sécurité : vous ne pouvez pas croire.
Les prostitués et les publicains, ils sont plus proches que vous du Royaume : autrement dit, ils sont ouverts et disponibles à la confiance, à l’imprévu, ils n’ont plus rien à perdre...alors, ils sont prêts à s’ouvrir à la foi, avec tout ce qu’elle implique de pauvreté, d’humilité. Evidement Jésus ne vient pas présenter les prostituées en modèle, à cause de leur prostitution...il ne vient pas nous présenter en modèles les escrocs et les voleurs à cause de leur vol...
Mais il vient nous dire : ces gens là sont prêts à croire, ils sont prêts à miser sur l’inconnu parce qu’ils n’ont rien à perdre, parce que personne ne les aime. Ils peuvent miser sur une parole...ils peuvent miser sur la confiance : c’est à dire sur la foi.

Terminons comme l’Evangile d’aujourd’hui et entendons l’invitation de Jésus à nous repentir pour croire à la Parole de Dieu.
C’est à dire à oser faire les pas qui s’imposent pour abandonner notre orgueil et nos certitudes pour reconnaître nos faiblesses, nos fragilités et nos limites...et pour nous ouvrir avec confiance à l’accueil de la parole de Dieu, à l’accueil du Christ venu pour sauver chez nous et dans le monde ce qui a besoin d’être sauvé. Ainsi serons-nous des croyants, c’est à dire des disciples qui osent s’engager à la suite du Christ et qui acceptent d’y jouer leur existence !"


 

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